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Kagame à Paris

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Paul Kagame à Paris: un grand pas vers la réconciliation franco-
rwandaise
 
NAIROBI, 19 fév (AFP) - La participation du président rwandais Paul
Kagame au sommet France-Afrique, jeudi à Paris, est un pas décisif
vers la réconciliation franco-rwandaise, neuf ans après le génocide
dans ce pays, sur lequel la France a été accusée d'avoir fermé les
yeux.
"Il y a déjà eu des étapes importantes, avec les visites des ministres
français des Affaires étrangères Hubert Védrine et Dominique de
Villepin en janvier et septembre 2002, mais la venue de M. Kagame à
Paris est une première, et un pas décisif vers la normalisation", analyse
 un diplomate, sous couvert de l'anonymat.
 
"Ce n'est pas le début de la normalisation, mais c'est un pas
important", confirme un de ses confrères en Afrique de l'Est.
C'est la première fois que le major Kagame, vice-président et homme
fort du Rwanda de juillet 1994 à avril 2000, président élu depuis, se
rend en visite officielle en France.
"La France, elle, a lancé de nombreuses tentatives de normalisation
par le passé, mais cette fois c'est un geste symbolique, qui prouve
que le Rwanda a enfin décidé d'y répondre positivement", assure un
expert de la région des Grands Lacs, basé à Nairobi.
 
"Nous souhaitons continuer d'inciter la France à tenter de restaurer de
 bonnes relations avec notre pays et nous poursuivrons ces efforts
quels que soient les incidents qui surviennent ou les querelles", a
confirmé M. Kagame dans un récent entretien avec l'AFP.
Le major Kagame dirigeait la rébellion tutsie du Front Patriotique
Rwandais (FPR) qui a pris le pouvoir en juillet 1994 en chassant le
régime hutu, organisateur et artisan de l'un des plus terribles
génocides de l'Histoire.
 
La méfiance de Kigali envers Paris plonge ses racines dans le soutien
de la France au régime du président Juvénal Habyarimana, assassiné
en avril 1994, et dont le gouvernement a planifié et perpétré le
génocide. La controverse porte aussi sur le rôle de l'armée française, à
 qui le gouvernement rwandais a reproché d'avoir favorisé, voire
organisé, la fuite de responsables et d'exécutants du génocide.
En quatre mois, près d'un million de Tutsis et Hutus modérés avaient
été massacrés, selon Kigali.
 
Le début de normalisation entre Paris et Kigali est dû à la conjonction
de deux facteurs, selon les experts interrogés: le retrait de l'armée
rwandaise de la République Démocratique du Congo (RDC) à l'automne
2002, et la nécessité pour Kigali de réintégrer complètement la
communauté internationale et régionale, à l'approche d'élections
législatives et présidentielle, prévues pour 2003.
Récemment, malgré ses tentatives de rapprochement, la France, "qui
s'est investie championne de la défense de l'intégrité territoriale de la
RDC, menait campagne contre la présence des troupes rwandaises au
Congo", où elles soutiennent depuis 1998 la rébellion contre Kinshasa,
explique l'expert des Grands Lacs.
 
"Puis Kigali a pris conscience de la capacité de nuisance de la France
dans les organisations internationales, en particulier pour le déblocage
de l'aide de l'Union européenne ou au sein des agences de l'ONU",
analyse-t-il.
"Le Rwanda reste un petit pays francophone qui présente peu d'intérêt
 pour les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, alors il a réalisé qu'il avait
intérêt à ne plus compter la France parmi ses ennemis", ajoute-t-il.
 
En privé, ces derniers mois, les responsables rwandais ont accusé la
France de faire pression sur le Tribunal pénal international de l'ONU
pour le Rwanda (TPIR) pour qu'il juge non seulement les planificateurs
du génocide de 1994 mais aussi des officiers de l'actuelle armée
rwandaise, soupçonnés d'avoir commis des crimes en 1994 lorsqu'ils
étaient dans la rébellion. Une idée que l'ancien chef rebelle Kagame et
son gouvernement rejettent vivement.